Une époque sans précédent ? Elles l’ont toutes été !

Il est vrai que le rythme et l’amplitude de l’accélération des connaissances humaines et de ses implémentations dans notre vie quotidienne n’avaient pas encore été si magistraux.

Or notre cerveau humain, vieux d’environ trois millions d’années n’avait jamais encore eu à gérer une masse de stimuli aussi impressionnante en l’espace d’une simple journée.

Une journée de 12 heures et non de 24 comme il est si courant de l’entendre dire !

Certes, les capacités cérébrales de l’humain sont presqu’infinies, en tous les cas non finies dans l’état actuel où nous les “exploitons”.

Néanmoins j’entends le terme “capacités” bien plus sous un angle qualitatif que quantitatif, et c’est là que peut se poser le hic.

La masse d’informations, la fréquence soutenue, l’immédiateté dans l’échange et l’impermanence des certitudes sont potentiellement la cause cumulée de difficultés voire de souffrances pour l’humain d’aujourd’hui à pouvoir tout simplement suivre et tenir le coup !

Comment faire pour que progrès rime avec sérénité ?

La voie de la solution passe par l’accès à la plus haute intelligence dont nous sommes outillés et qui se nomme la « pré frontalité ».

Avant d’en dire plus à son sujet, il est utile d’expliquer la démarche et l’intention.

Pour avoir accès à quelque chose, il faut d’abord en avoir conscience.

Pour pouvoir recruter un talent, il faut en connaître l’existence.

Or, le concept de la « pré frontalité » en tant que tel n’est pas enseigné à l’école, ni celle des devoirs ni celle du management, ni celle d’ailleurs qui forment les enseignants !

Les choses avancent et l’on en parle de plus en plus souvent et de plus en plus largement.

Que ce soit grâce à la mise en valeur de l’intelligence émotionnelle lors du recrutement de dirigeants, la mise en pratique de techniques d’intelligence collective dans la gestion des collectifs, la mise en exergue des richesses découlant de la multi culturalité des citoyens, les occasions de s’ouvrir mieux aux autres et à soi-même se multiplient.

Les fruits sont là pour que nous les cueillions.

Tout participe à favoriser une meilleure utilisation de notre propre intelligence.

Quel lien pragmatique faire entre la digitalisation et le fonctionnement de notre cerveau d’humain ?

Il est aisé de le faire !

Le cerveau humain fonctionne comme une surpuissante centrale électrique. Nos milliards de connections neuronales s’établissent à une vitesse fulgurante.

Différents territoires cérébraux ont pour mission de gérer différents enjeux.

Une plus grande connaissance du fonctionnement de notre cortex, et surtout de notre cortex préfrontal peut contribuer à nous conduire vers davantage de sérénité.

Mais comment cela fonctionne-t-il au juste ?

Faire usage de sa capacité à pré frontaliser c’est en quelque sorte un processus qui consiste à passer d’une habitude à une attitude…

La préfrontalité c’est le calme dans la tempête, c’est la petite voix intuitive et inspirante, c’est la respiration conscientisée, la relativisation des enjeux, la curiosité de sortir des sentiers battus, la dédramatisation du vécu, l’autodérision de nos fichus caractères, la gestion bienveillant de nos émotions révélées.

Les avancées neuroscientifiques nous en font découvrir chaque jour davantage sur le fonctionnement de notre cerveau.

Les apprentissages qui en découlent pénètrent la sphère  de l’entreprise, de la formation et de la famille… mais encore au compte-gouttes.

Il y a encore du chemin, un sacré chemin.

La digitalisation du savoir permet indubitablement de le diffuser universellement en redessinant l’accès à ce même savoir par les différentes générations.

Plusieurs paradigmes s’en trouvent chamboulés, et là aussi utiliser sa pré frontalité élargit le champ de la réflexion et de l’acceptation de ce qui est différent et pourtant présent dans notre quotidien.

En conclusion disons : Digital… ‘oui’, préfrontal trois fois ‘oui’ !

Stéphane Loraux